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mercredi 20 octobre 2010

Immeuble Preynat Séauve de Joanny Morin

Erigée entre 1906 et 1907 pour Preynat-Séauve, commerçant et juge honoraire à la Chambre de Commerce de Saint-Etienne, La Martre de France est l'expression la plus aboutie de l'architecture art nouveau de Joanny Morin. Ici, l’architecte multiplie les références du Modern Style avec l'emploi de motifs floraux dans les encadrements, ouvertures, montant en pierre des balustrades, motifs de ferronneries, frise de fleurs de tournesol le long de la façade.

L’immeuble, situé sur l'Avenue de la Libération, se compose d'une succession de saillies, d'un entresol, de deux étages carrés et de deux étages de combles. L'élévation est quant à elle marquée par l'enfilade de balcons.

Les bow-windows installés dans les angles, sont coiffées d'une toiture en ardoise en forme de bulbes dont les pinacles ont des têtes de lions.
Les deux travées centrales portes de nombreuses marques renvoyant à l’activité du commanditaire. En effet on distingue le caducée et le visage du dieu d'Hermès (dieu de la santé, des voleurs et du commerces), tandis que dans un cartouche, les deux initiales PS sont entrelacées.

Cependant l'exubérance de la façade cache la simplicité des appartements : deux pièces avec salon et salle a manger, une chambre, cuisine et pièce d'eau.

Sa confection a nécessité des matériaux d’exception : le béton armé (procédé hennebique), le ciment moulé ainsi que l’ardoise pour couverture. L’immeuble de rapport est d’ailleurs l’un des tous premiers édifices stéphanois à être conçu en béton armé.

Jusqu'en 1911, le RDC accueillait les stores et terrasses du Grand Café, puis Samuel Nahon ouvre un magasin de fourrures, du nom de Martre de France. Au rez-de-chaussée et au premier étage, étaient installés les ateliers de finitions et les salons d'essayages et d'exposition. Le magasin a fermé 1985.

La façade et le toit de l’immeuble sont inscrits au titre des Monuments historiques.

vendredi 17 septembre 2010

Saint-Etienne Art Nouveau

Grand centre industriel au XIXème siècle, Saint-Etienne préserve plusieurs édifices (privés et publics) et du mobilier urbain du courant Art Nouveau.

Cette distillation dans le paysage stéphanois, s'explique par deux facteurs:
tout d'abord la position économique de la ville au XIXème siècle, qui est l'un des plus grands centres industriels français;
puis l'affirmation du goût d'une bourgeoise industrielle naissante, qui désire des logements et un cadre vie embellis.

L'implantation modéré et éclaté de l'Art nouveau à Saint-Etienne, est essentiellement le fait de deux architectes, Joanny Morin et Paul Alfred Noulin Lespès.

Grâce à la carte ci-dessus, vous pourrez découvrir la position des édifices Art nouveau de la ville aux sept collines. Ce document est en cours de réalisation et nécessite encore quelques recherches historiques.


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Bonne découverte !

Pour aller + loin:

vendredi 10 septembre 2010

Art Nouveau à Saint-Etienne - Immeuble Michoudet de Joanny Morin

A l'angle des rues Pierre Bérard et Saint-Jean, s'élève un immeuble de rapport datant de 1904. Commandité par mademoiselle Michoudet, il est l'oeuvre Joanny Morin, l'un des seuls maîtres de l'art nouveau à Saint-Etienne

De composition régulière et rythmée par le bow-window (partie en saillie sur la façade), l'édifice de quatre niveaux est couronné par un galbe au contour chantouré. L'élégance de la façade, sublimée par les matériaux de qualité, révèle avec minutie l'expression du courant Art Nouveau.

Ainsi, la façade blanche est ponctuée de motifs de grès céramique de couleur vert d'eau et de ferronneries noires, au profil d'ailes de papillons. Dans les cadres ovoïdes du bow-window, sont représentées des têtes de Gorgone aux cheveux de serpents.

Sur travée d'angle repose des balcons symétriques et alignés, dont les ferronneries dessinent la ligne coup de fouet, des motifs floraux et un coeur préservant une rose.

L'espace intérieur de l'appartement s'organise autour d'un vestibule, qui permet de distribuer les différentes pièces. Chaque appartement dispose d'une salle à manger, d'une cuisine, d'une pièce d'eau, de quatre chambres et d'un salon installé derrière les larges baies du bow-window, donnant sur le square de la muse Thaïs.

Immeuble inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 2007, il accueille au rez-de-chaussée, le restaurant gastronomique Nouvelle.

jeudi 9 septembre 2010

Naissance et diffusion de l'Art Nouveau

La naissance de l'Art Nouveau
A la fin du XIXème siècle, apparait en Europe, un nouveau mouvement artistique qui désire rompre avec les traditions classiques du siècle finissant. En effet, le courant s'attache à redéfinir les arts graphiques et les arts appliqués puis il s'étend à l'architecture.

Ce sont les cercles artistiques qui font émerger le style Art Nouveau. Le terme Art Nouveau, apparait pour la première fois en Belgique. Il fut utilisé par un groupe d’artistes modernes belge dénommées « Les XX » en 1884.

Né dans le milieu des arts décoratifs (mobilier), l'Art Nouveau s'empare de l'architecture en 1893 lorsque Victor Horta, architecte bruxellois, introduit dans la construction d'une maison bourgeoise du fer, de la fonte ainsi que des matériaux industriels, qui permettaient d'ouvrir largement les espaces intérieurs en laissant circuler l'air et la lumière.

La diffusion du mouvement en Europe
La diffusion de ce nouvel art se fait rapidement grâce aux revues d'arts illustrées de photographies et aux expositions internationales qui foisonnent au XIXème siècle. Appelé Modernismo en Catalogne, Jugenstil en Allemagne, Liberty en Italie, ou encore Secession à Vienne et Prague, l'Art Nouveau se développa largement dans les pays ou régions qui revendiquaient une grande autonomie culturelle comme la Catalogne ou la Tchéquie; ou qui connaissaient une prospérité économique et un éloignement du diktat de la capitale à l'exemple de Glasgow, en Angleterre, ou Nancy, en France.

L'arrivée en France
Contrairement à d'autres pays européens où l'Art Nouveau apparait dans les groupes contestataires, en France, ce mouvement a bénéficié de l'action institutionnelle de l'Union Centrale des Arts Décoratifs (UCAD). Il s'inscrit également dans une politique économique de promotion de l'industrie de l'art national soutenu par l'Etat français. Ce soutient prononcé s'explique par deux raisons: la première, est l'affaiblissement de la puissance industrielle et économique de la France et la deuxième, la montée en puissance de la Prusse, la future Allemagne.

Nancy, foyer originel de l'Art Nouveau français
L'Art Nouveau naît tout d'abord dans une production d'objets d'art entamé en 1884, par Emile Gallé. Il fait l'avènement avec ses vases. Puis le mouvement est officialisé à Nancy en 1901 avec la création de l'alliance provinciale des industries d'art, plus connue sous le nom d'Ecole de Nancy.

A Paris, il faut attendre les expositions annuelles de la Société Nationale des Beaux Arts et l'ouverture de la Maison de l'Art Nouveau par Siegfried Bing en 1895.

Dans le reste du pays, le succès est inégal. Les villes thermales et balnéaires comme Vichy ou encore Aix-les-Bains y sont plus ouvertes. Dans les grandes métropoles régionales comme Lyon, son implantation reste modérée et se limite à quelques quartiers. Il s'intègre surtout dans les quartiers neufs pour répondre à l'essor démographique et aux nécessités de l'hygiène.

Quelques clés de l'architecte Art Nouveau

La maison de Victor Horta - Bruxelles
La villa Majorelle - Nancy
Les bouches de métro parisien d'Hector Guimard - Paris
Les œuvres de Antonio Gaudi - Barcelone
Théâtre municipal de Tunis